La Commission Vérité pour la Réconciliation (TRCT) a préconisé ce jeudi 12 janvier 2011 une réforme de la loi sur le crime de lèse-majesté, la loi la plus répressive et la plus rétrograde dans le monde civilisé.
Cette commission indépendante, mise en place par le gouvernement d’Abhisit proche des élites de Bangkok et inféodé à l’armée et à une partie de la noblesse, juge trop sévère, doux euphémisme, la législation actuelle.

Dans un courrier adressé au Premièr ministre Yingluck Shinawatra, la TRCT propose une réformette pour amuser la galerie et faire un buzz sur les médias toujours prêts à soutenir les militaires putschistes.
L’article 112 du code pénal, rend passibles de 15 ans de prison par infraction, les insultes à l’égard du monarque, de sa famille ou de l’institution.
La commission suggère, sans ironie, que la peine maximum soit désormais ramenée à sept ans. « Il serait approprié que la punition des infractions (...) soit plus en phase avec le sentiment populaire qu’elle ne l’est actuellement. Cela signifie qu’elle doit être moins sévère », estiment, pinces-sans-rire les amis d’Abhisit.
La famille royale n’a, d’après la Constitution, aucun rôle politique en Thaïlande, mais la justice mise en place après le coup d’État militaire de 2006, a prononcé depuis, un nombre effarant de lourdes peines de prison au prétexte de propos jugés insultants à son égard [1].
Sa majesté le roi Bhumibol, hospitalisé depuis septembre 2009 et âgé de 84 ans, jouit auprès de certains de ses sujets d’un statut de demi-dieu. La TCRT a été mise en place en 2010, juste après la pire répression qu’ait connue la Thaïlande depuis les année 70, qui a fait plus de 90 morts et plus de 1.900 blessés. [2]